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Épurez… Respirez !

28 mars 2018

Les effets néfastes des polluants de l’habitat sur notre bien-être et notre santé sont aujourd’hui avérés. Pourtant, rendre plus sain l’air de nos intérieurs est à la portée de tous. Tour d’horizon des réflexes et pratiques à adopter, pour mieux respirer chez soi.

100 %
des logements sont pollués au formaldéhyde (présent dans de nombreux produits du quotidien et classé substance cancérogène avérée pour l’homme),
10 % sont
« multipollués »(1) .


À l’heure où les alertes à la pollution atmosphérique se multiplient, la prudence nous pousserait à nous réfugier dans nos foyers, à l’abri des particules fines, de l’ozone et du dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il de la qualité de l’air que nous inhalons chaque jour à l’intérieur de nos habitations ? Contrairement aux idées reçues, celui-ci serait 5 à 7 fois plus pollué qu’à l’extérieur(3). Une exposition, généralement diffuse et continue, d’autant plus forte que nous passons en moyenne 90 % de notre temps en milieu clos(4) (domicile, bureau, école, magasins…).

Depuis une vingtaine d’années, la qualité de l’air intérieur est devenue une préoccupation de santé publique de premier ordre. Car cette pollution domestique nuit à notre santé, depuis la simple gêne (irritation des yeux ou de la gorge, réactions allergiques…) jusqu’à l’installation ou l’aggravation de pathologies chroniques et de maladies graves. Ainsi, sa responsabilité est établie dans les affections respiratoires telles que l’asthme et ses effets à long terme sont mis en cause dans l’apparition de certains cancers. Les populations les plus vulnérables sont les femmes enceintes (qui transmettent une partie des polluants respirés à leur enfant), les jeunes enfants (dont les poumons continuent de se former jusqu’à l’âge de 12 ans), les personnes âgées (dont la capacité respiratoire est réduite), ainsi que les individus cardiaques, asthmatiques ou insuffisants respiratoires, à la santé déjà fragilisée. La pollution de l’air intérieur engendrerait ainsi près de 20 000 décès prématurés par an(2).

19 Md€/an
C’est le coût socio-économique des polluants de l’air intérieur (décès prématurés, prise en charge des soins, perte de production...) estimé par l’Anses en 2014(2).

 

DES PRODUITS ET DES PRATIQUES QUI ALTÈRENT LA QUALITÉ DE L’AIR 

En cause ? Des polluants d’origines diverses, liés au bâtiment et à son occupation. Parmi eux, les composants chimiques, abondants dans nos environnements intérieurs. Avec plus de 4 000 substances dangereuses, la fumée de tabac est le premier d’entre eux. Le monoxyde de carbone, mortel à forte concentration, est émis quant à lui par des appareils de chauffage ou de production d’eau chaude mal entretenus ou fonctionnant dans une atmosphère confinée. Les Composés organiques volatils (Cov) sont, eux, omniprésents. Ces substances chimiques sont dégagées par certains matériaux de construction et de décoration (moquettes, isolants, textiles...), les meubles en panneaux de particules et aggloméré, les produits de bricolage (peintures, colles, vernis…), de jardinage, d’entretien, cosmétiques...

Il existe des centaines de Cov, dont certains sont cancérogènes, comme le formaldéhyde (présent dans les produits de construction, l’ameublement, les produits détergents, la fumée de cigarette…), les éthers de glycol ou les hydrocarbures tels que le benzène. Leur particularité : ils se répandent aisément et se diffusent longtemps. Source de pollution biologique indirecte, l’humidité excessive provoque l’apparition de moisissures dans les pièces humides peu ventilées ou sur les murs mal isolés. Elle favorise également la prolifération d’acariens, agents allergènes qui se développent principalement dans les matelas, les poussières, les moquettes et tapis...

 

Qu’ils soient présents ponctuellement au gré de nos activités, avec des pics d’émissions parfois élevés, ou diffusés en concentration faible mais de façon continue, les polluants domestiques nous entourent.

 

DILUER LES POLLUANTS ET LIMITER LEUR PRÉSENCE

Nous sommes tous exposés à cette contamination invisible. Et pourtant, créer un intérieur sain est à la fois possible, simple… et économique. Premier réflexe : ouvrir les fenêtres au moins 20 minutes par jour, été comme hiver, de préférence tôt le matin, pour renouveler l’air intérieur et réduire la concentration des polluants. Aérez de façon systématique pendant et après les activités générant un pic de pollution (bricolage, ménage…) ou d’humidité (préparation des repas, séchage du linge, douche ou bain...). Une aération intense pendant plusieurs jours est indispensable après la réalisation de travaux ou l’installation de mobilier neuf dans une pièce. Quant à la ventilation de votre logement, elle assure une circulation de l’air générale et continue. N’entravez pas son fonctionnement et entretenez-la régulièrement. Il faut que la maison respire !

Au-delà de son évacuation, la façon la plus efficace de préserver la qualité de l’air de votre habitation est de limiter la pollution à la source. Un geste préventif que chacun peut adopter, en choisissant des produits à faibles émissions. Privilégiez les produits ménagers écologiques ou, encore mieux, naturels : le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude et le savon noir sont à eux seuls aussi performants que les produits conventionnels, mais bien plus respectueux de votre santé et de l’environnement… et bien plus économiques. Évitez l’usage d’eau de Javel : dans les foyers qui ont recours à ce désinfectant, les enfants ont plus de risques de développer des infections respiratoires(5). Limitez les diffuseurs sprays, parfums d’ambiance, désodorisants et autres assainissants aux huiles essentielles, car ils émettent, entre autres, des Cov et des particules irritantes. N’abusez pas des bâtons d’encens ni des bougies parfumées qui, comme toute source de combustion, dégagent du benzène et du formaldéhyde. Enfin, la cigarette est à proscrire en intérieur, que ce soit pour lutter contre le tabagisme passif ou pour la qualité générale de l’air en milieu clos.

(1) Source : « Qualité de l’air intérieur, qualité de vie. 10 ans de recherche pour mieux respirer », OQAI, CSTB Éditions, 2011.
(2) Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), « Étude exploratoire du coût socio-économique des polluants de l’air intérieur », 2014.
(3) Source : Observatoire de la qualité de l’air intérieur, 2015.
(4) Source : Organisation mondiale de la santé (OMS).
(5) Source : Étude de Lidia Casa, Université catholique de Louvain, 2015.

 

ALLER PLUS LOIN : 

  • Entretien avec Isabelle Troussicot Malinge, conseillère en santé environnementale
  • Le site internet www.prevention-maison.fr de Santé publique France : dans un intérieur « standard », l’internaute est invité à cheminer à travers les pièces pour faire le « diagnostic » de son propre logement et prévenir facilement les risques identifiés.
  • Le guide pratique « Un air sain chez soi » édité par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).
  • Le site internet www.unbonairchezmoi.developpement-durable.gouv.fr du ministère de la Transition écologique et solidaire : pour savoir si vous connaissez les bons réflexes, à travers un quiz informatif et ludique.
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