Entretien avec Isabelle Troussicot Malinge, conseillère en santé environnementale

28 mars 2018

Pour Isabelle Troussicot Malinge, la pollution intérieure est un fait mais pas une fatalité. Il est possible de limiter notre exposition, pour une meilleure qualité de vie et une planète en meilleure santé.

 

Conseillère et formatrice en santé environnementale, Isabelle Troussicot Malinge est diplômée de l’Ifsen (Institut de formation en santé environnementale) et animatrice certifiée pour l’ONG WECF France (Women Engage for a Common Future). Elle a fondé en 2014 Mon Bébé, Notre Santé, un service d’accompagnement en santé environnementale pour les particuliers et les professionnels.

 

QUAND A-T-ON COMMENCÉ À SE PRÉOCCUPER DE LA QUALITÉ DE L’AIR INTÉRIEUR ?

La pollution de l’air extérieur, plus visible, a été médiatisée plus tôt que celle de l’air intérieur. Aujourd’hui, la qualité de celui-ci est devenue un enjeu de santé majeur pour les pouvoirs publics. La création en 2001 de l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) a contribué à une meilleure connaissance de l’air dans nos environnements clos. Des campagnes de mesures ont ainsi été menées sur tout le territoire afin d’évaluer les niveaux d’exposition de la population aux polluants intérieurs. Et nous savons désormais que tous les foyers sont plus ou moins pollués par des Composés organiques volatils (Cov), ces substances chimiques émises par les nombreux produits et matériaux présents dans l’habitat.

 

DANS CES CONDITIONS, EST-IL POSSIBLE DE RESPIRER PLUS SAINEMENT CHEZ SOI ?

Oui, heureusement ! Pour limiter la pollution, les moyens d’action peuvent être simples, concrets et rapides à mettre en œuvre : vérifier sa ventilation, bien aérer chez soi et limiter la pollution au sein de la maison. Cosmétiques, produits ménagers, parfums d’intérieur, ameublement… sont autant de sources possibles de Cov qui peuvent s’accumuler dans l’atmosphère intérieure. L’eau de Javel par exemple est encore utilisée par 7 ménages français sur 10, en raison de la croyance – erronée – selon laquelle notre logement doit être débarrassé de tout microbe. Or, l’usage de ce désinfectant, très irritant pour les voies respiratoires et toxique pour l’environnement, n’est pas nécessaire à la maison : un simple vinaigre ménager suffit pour nettoyer nos surfaces ! Pour une meilleure santé, nous pouvons consommer mieux en achetant moins et nous orienter vers des produits plus simples, plus naturels et moins chimiques. C’est le paradoxe : nos sociétés occidentales hygiénistes ont réduit le risque infectieux en quelques décennies mais en ont introduit un autre : le risque chimique, dont nous commençons seulement à évaluer les impacts sanitaires…

 

DANS CE CONTEXTE, QUEL RÔLE PEUT JOUER LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE ?

L’introduction de la chimie a profondément modifié notre environnement quotidien, dont l’impact sur la santé est aujourd’hui reconnu. Nous sommes désormais massivement exposés à de multiples polluants et à de nombreux « effets cocktails »(1) à travers l’air que nous respirons, les aliments que nous ingérons et les matières au contact de notre peau. En travaillant à réduire les expositions et leurs conséquences, la santé environnementale s’inscrit dans le champ de la prévention. Il est donc essentiel de s’informer pour pouvoir se protéger et adopter des gestes et comportements plus favorables à la santé de tous.

(1) Exposition simultanée à plusieurs molécules chimiques dont les effets sont multipliés lorsqu’elles sont combinées.

Près de chez vous
Découvrez l'actualité de votre région
Découvrez l'actualité de votre région
Découvrez l'actualité de votre région