Ces animaux qui nous font du bien © Getty Images

Ces animaux qui nous font du bien

21 septembre 2018

Remède à la solitude, au stress et à la douleur, l’animal agit sur le bien-être et la santé des personnes fragilisées. Un potentiel thérapeutique que la science commence à mettre au jour et auquel la médecine moderne réserve désormais une place.

96 % 
des Français estiment que les chiens et les chats peuvent apporter du réconfort aux personnes âgées, malades, autistes ou en situation de handicap. 

Source : sondage OpinionWay pour Dogfidelity et Assur O’Poil, « Les Français et la zoothérapie », janvier 2016. 

Léo, 6 ans, se penche sur l’encolure d’Étoile et se laisse doucement bercer par le shetland, yeux mi-clos et sourire aux lèvres. Gilberte, 87 ans, caresse la tête de Gin, le labrador sable de la maison de retraite, et son regard s’illumine. Scènes de la vie ordinaire. À ceci près que Léo souffre d’autisme et que rien, jusqu’à présent, ne parvenait à calmer ses angoisses. Quant à Gilberte, la maladie d’Alzheimer l’a enfermée dans une prison intérieure dont elle ne sort plus que très rarement. 
Tous deux ont fait l’expérience du pouvoir thérapeutique de l’animal sur l’être humain. Une influence bénéfique qui n’est plus à démontrer. Les heureux possesseurs de bêtes à poils, à plumes ou à écailles peuvent en attester au quotidien. Ainsi, 61 % des propriétaires de chien et 74 % des propriétaires de chat affirment que leur compagnon augmente leur bien-être tout en les apaisant(1)


Bon pour le corps et l’esprit 

50 ans de recherche et d’expérimentation scientifique viennent confirmer la réalité de ces bienfaits perçus. D’innombrables études font ainsi état d’effets physiologiques positifs : s’occuper d’un animal familier réduit les risques cardio-vasculaires, caresser son chien abaisse la pression artérielle et diminue le taux de cortisol (l’hormone du stress), écouter le ronronnement de son chat entraîne une production de sérotonine (l’hormone du bonheur), etc. Et les vertus sont tout aussi avérées sur le plan psychologique, favorisant entre autres la confiance, l’estime de soi et le sentiment d’être utile. 

Ces multiples bénéfices sont au coeur d’une approche thérapeutique alternative, la zoothérapie. Également qualifiée de « médiation animale », cette méthode fait appel à un animal domestique sélectionné et éduqué à cet effet – chien, chat, équidé, rongeur ou même lama – dans le traitement de certaines pathologies ou handicaps, physiques ou mentaux. Elle s’exerce alors sur plusieurs séances, individuelles ou en très petit groupe, sous la responsabilité d’un professionnel de la santé, du paramédical ou du médicosocial – ergothérapeute, kinésithérapeute, psychomotricien, psychiatre, éducateur spécialisé, etc. – ayant préalablement suivi une formation à la médiation animale. 

 

« L’animal cherche le contact, ne juge pas, donne sans retour. Ce qui en fait un excellent médiateur, qui facilite la rencontre entre le thérapeute et le patient. »



Un trait d’union entre patient et soignant 

Car cette compétence vient en complément des techniques de soin conventionnelles. L’animal n’est pas un médicament et ne guérit pas, rappelle à juste titre l’Institut français de zoothérapie. Il est un auxiliaire, un médiateur qui, en entrant en contact avec la personne en souffrance, facilite le travail de l’intervenant. Ce qui se joue alors dans cette relation triangulaire relève d’un phénomène naturel ancestral : l’aptitude de l’animal à établir une communication non verbale avec l’être humain. 

C’est à Boris Levinson, pédopsychiatre new-yorkais, que l’on attribue la paternité de cette discipline dans les années 1960. Après avoir assisté à la rencontre fortuite de son propre chien avec un jeune patient mutique lors d’une consultation, le praticien, saisi par la spectaculaire transformation de l’enfant, sera le premier à décrire l’effet catalyseur de l’animal. En France, la pratique est plus récente et n’a pas encore obtenu de reconnaissance institutionnelle. Mais les formations professionnelles se développent et de plus en plus d’établissements sanitaires et médicosociaux y ont recours. 


Lâcher-prise et éveil au monde

Intégrée dans le programme de soins de certains hôpitaux, la cynothérapie – ou thérapie canine – est plébiscitée dans la prise en charge du handicap sensoriel, moteur ou mental, ainsi que des troubles psychiques ou du développement. Source d’affection inconditionnelle et dénué de tout jugement, le chien apaise l’anxiété et met en confiance. Les promenades, le brossage, les caresses permettent par ailleurs de développer l’autonomie et la coordination motrice, et favorisent le contrôle des émotions, la concentration et la collaboration. 

Chez l’enfant avec autisme, la relation nouée avec l’animal crée les conditions d’un échange sans langage qui, paradoxalement, peut l’amener à communiquer et interagir avec son environnement, diminuant sa tendance au retrait. Quant à l’équithérapie, pratiquée dans certains centres équestres, elle opère de surcroît sur le développement sensoriel et moteur : le contact du corps du cheval aide le patient à mieux prendre conscience du sien (lire l’interview de Kate Knowles). 


Un stimulant pour nos aînés

Vecteur de réconfort et de lien social, la médiation animale prend tout son sens en maison de retraite. De nombreuses structures disposent d’un chat, d’un chien ou d’un lapin nain, d’autres reçoivent la visite régulière de binômes animal/thérapeute par le biais d’associations. La présence de l’animal agit comme un véritable stimulant auprès des personnes âgées – y compris celles souffrant de pathologies cognitives – car elle rompt la monotonie et l’isolement, crée des repères lors des rituels de soins et aide à se remémorer les souvenirs d’hier. 

Aujourd’hui, la démarche se répand au milieu carcéral, aux foyers pour mineurs en difficulté, aux services d’oncologie ou encore aux unités de soins palliatifs. 
Un large spectre d’applications thérapeutiques où l’animal, dans bien des cas, peut se révéler notre meilleur allié. 

(1) Enquête Ipsos, « Les Français et leurs animaux de compagnie », mars 2018.

 

Aller plus loin

La médiation par le cheval pour des jeunes avec autisme 

À 12 km de Carcassonne, Village de Fraisse - Terre d’Avenir© accueille des jeunes avec troubles du spectre autistique (TSA) et leur famille sur un domaine agro-touristique de 140 hectares en pleine nature et ouvert à tous. Ce complexe propose un espace pyschomoteur et sensoriel et de nombreuses activités : médiation par le cheval, ateliers Montessori, ateliers musiques et sons… Un séjour qui permet aux jeunes avec TSA de se socialiser et de gagner en autonomie, et aux aidants de prendre du temps pour eux grâce à des activités de relaxation adaptées. AG2R LA MONDIALE est un partenaire majeur de ce concept porté par l’Institut de recherches pratiques sur l’autisme (Irpa). 

En savoir plus : 04 68 79 63 63 ou www.villagedefraisse.org 

Grâce au Fonds de dotation Réalité Autisme et au soutien d’AG2R LA MONDIALE, le tarif du séjour est de 375 € tout compris au lieu de 2 850 € pour 2 personnes avec 1 jeune avec autisme (hébergement pendant 5 jours en semaine et activités pour jeunes et aidants). 
 
Une « chouette » thérapie 

Basée à Dijon, l’association Les Chouettes du coeur apporte un soutien thérapeutique aux personnes âgées ou en situation de handicap, grâce au contact d’oiseaux de proie. Outre les ateliers organisés en établissement, des sorties sont proposées dans de hauts lieux du patrimoine bourguignon et franc-comtois, en compagnie du personnel d’encadrement et d’aidants familiaux. AG2R LA MONDIALE accompagne les Chouettes du coeur depuis 2009. 

En savoir plus : 06 42 10 99 20 ou leschouettesducoeur@yahoo.frwww.les-chouettes-du-coeur.com 
 
Des lapins et des hommes 

AG2R LA MONDIALE a soutenu la création d’Umanima en 2009. Cette association professionnelle de médiation par l’animal intervient au sein de structures de soin dans le Grand-Ouest pour améliorer le bien-être physique, psychologique et affectif de personnes en situation de fragilité, via la relation tissée avec des chiens, des chevaux et des lapins. 

En savoir plus : 09 67 40 97 70 ou zootherapie.asso.fr 
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